Le cadre et la rencontre
Commencé il y a par Maïté0 points
Maïté
Le cadre et la rencontre :
J’ai effectué mon stage de M2 à la Maison de l’enfance avec des mineurs non accompagnés. J’ai été confrontée à plusieurs difficultés : non demande des mineurs, pas d’espace matériel disponible dans les créneaux horaires des jeunes. La seule solution était de les rencontrer à leur domicile. Et pourtant, il me semble important de bien séparer les lieux : celui où ils "déposent" et celui où ils vivent.
Les visites répétées et le partage de leur lieu de vie, et d'instants de leur vie, a permis un apprivoisement progressif de la rencontre. L’objectif était de créer une zone de partage des affects et des émotions, en m’appuyant sur le modèle de la contenance (Houzel). C’est-à-dire offrir aux jeunes un espace qui va recevoir leurs affects, leurs émotions, les contenir, les transformer à travers une posture réceptive et contenante. J’ai travaillé sur ma capacité à accueillir et à contenir, à me laisser utiliser comme « médium malléable », à favoriser un cadre étayant à la fois souple et contenant. Et ce en référence à Roussillon pour qui le médium malléable peut être à la fois une possible utilisation du cadre matériel et une modalité d’utilisation du thérapeute. A partir de l’analyse de mes éprouvés transféro-contre-transférentiels, mes dispositions internes, j’ai donc été amenée à réfléchir à une adaptation du cadre, plus cohérente, plus ajustée aux spécificités des mineurs non accompagnés.
Jacobi (2012) définit le cadre comme « l’environnement immédiat qui permet au praticien d’installer une situation susceptible de lui permettre d’exercer son travail ». Le clinicien doit mettre à disposition du sujet un espace matériel, temporel et psychique.
Le cadre est comparé à un « contenant maternel » par Anzieu. Le caractère enveloppant, protecteur du cadre, dans sa fonction de contenant maternel est mis en avant.
Le cadre est un lieu à la fois physique et psychique, assurant la rencontre et la garantie de la réalité psychique.
Le cadre doit remplir les dimensions de souplesse, de flexibilité et pour reprendre le terme de Ferenczi d’élasticité. Les professionnels doivent se montrer malléables et disposer de souplesse, d’adaptabilité et de créativité pour répondre aux conflits internes et aux états de détresse extrême dans lesquels les sujets se trouvent. Être dans une anticipation de la souffrance et de la demande et penser le cadre en termes de « disponibilité, malléabilité et fiabilité dans la capacité à accueillir et à contenir des contenants en transformation » (Benghozi, 2013).
Pour Kaës, un cadre à la fois ferme et malléable est à même de rétablir une fonction contenante et de favoriser la liaison et la transformation de la liaison.
Bleger conçoit le cadre comme le reflet de la qualité de l’environnement maternel sur lequel se fonde le sentiment de continuité et de sécurité du sujet.
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Maïté
Le cadre et la rencontre :
J’ai effectué mon stage de M2 à la Maison de l’enfance avec des mineurs non accompagnés. J’ai été confrontée à plusieurs difficultés : non demande des mineurs, pas d’espace matériel disponible dans les créneaux horaires des jeunes. La seule solution était de les rencontrer à leur domicile. Et pourtant, il me semble important de bien séparer les lieux : celui où ils "déposent" et celui où ils vivent.
Les visites répétées et le partage de leur lieu de vie, et d'instants de leur vie, a permis un apprivoisement progressif de la rencontre. L’objectif était de créer une zone de partage des affects et des émotions, en m’appuyant sur le modèle de la contenance (Houzel). C’est-à-dire offrir aux jeunes un espace qui va recevoir leurs affects, leurs émotions, les contenir, les transformer à travers une posture réceptive et contenante. J’ai travaillé sur ma capacité à accueillir et à contenir, à me laisser utiliser comme « médium malléable », à favoriser un cadre étayant à la fois souple et contenant. Et ce en référence à Roussillon pour qui le médium malléable peut être à la fois une possible utilisation du cadre matériel et une modalité d’utilisation du thérapeute. A partir de l’analyse de mes éprouvés transféro-contre-transférentiels, mes dispositions internes, j’ai donc été amenée à réfléchir à une adaptation du cadre, plus cohérente, plus ajustée aux spécificités des mineurs non accompagnés.
Jacobi (2012) définit le cadre comme « l’environnement immédiat qui permet au praticien d’installer une situation susceptible de lui permettre d’exercer son travail ». Le clinicien doit mettre à disposition du sujet un espace matériel, temporel et psychique.
Le cadre est comparé à un « contenant maternel » par Anzieu. Le caractère enveloppant, protecteur du cadre, dans sa fonction de contenant maternel est mis en avant.
Le cadre est un lieu à la fois physique et psychique, assurant la rencontre et la garantie de la réalité psychique.
Le cadre doit remplir les dimensions de souplesse, de flexibilité et pour reprendre le terme de Ferenczi d’élasticité. Les professionnels doivent se montrer malléables et disposer de souplesse, d’adaptabilité et de créativité pour répondre aux conflits internes et aux états de détresse extrême dans lesquels les sujets se trouvent. Être dans une anticipation de la souffrance et de la demande et penser le cadre en termes de « disponibilité, malléabilité et fiabilité dans la capacité à accueillir et à contenir des contenants en transformation » (Benghozi, 2013).
Pour Kaës, un cadre à la fois ferme et malléable est à même de rétablir une fonction contenante et de favoriser la liaison et la transformation de la liaison.
Bleger conçoit le cadre comme le reflet de la qualité de l’environnement maternel sur lequel se fonde le sentiment de continuité et de sécurité du sujet.